Interview de Thierry JOLLIVET

Entretien avec Thierry JOLLIVET, Directeur Finance et Comptabilité de SOCRAM BANQUE

 

Interview TJ
  1. Pourriez-vous nous parler de SOCRAM, ses actionnaires, son activité, son positionnement,… ?

SOCRAM BANQUE est une filiale des mutuelles d’assurances regroupées au GEMA, créé en 1968 pour pouvoir proposer aux sociétaires des mutuelles des solutions de financement.

Notre activité principale est le financement de véhicules, la gamme a ensuite été étendue au crédit consommation amortissable.

 

Depuis 2008, nous travaillons sur la mise en place d’une offre de banque de détail en proposant des produits d’épargne ainsi que des comptes à vue avec les moyens de paiement associés. BPCE est entré au capital et détient une minorité de blocage, il nous a ouvert l’accès aux usines monétiques et aux prestataires du groupe.

 

Notre vocation est de contribuer à la fidélisation des sociétaires des mutuelles en offrant des produits compétitifs tout en assurant un service de qualité. Nous sommes positionnés parmi les 5 premiers acteurs de crédits automobiles en France.

Les principales mutuelles distributrices sont Macif, Maif et Matmut, elles détiennent collectivement environ 10 millions de sociétaires.

 

  1. Quelle est la spécificité de SOCRAM BANQUE par rapport aux autres établissements financiers spécialisés ?

Nous avons mis en place des outils d’instruction et de souscription du Crédit sur le poste de travail des conseillers des mutuelles partenaires, cela représente environ 1500 bureaux et près de 10 000 conseillers. La souscription en ligne est également possible à partir du site internet des mutuelles. Ces outils incluent un système de score et de filtres.

Sur le plan de l’offre de crédit, notre spécificité est que nous n’appliquons pas de frais de dossier. L’emprunteur souscrit à un Fonds de Garantie Mutuel à hauteur de 2% des fonds prêtés, celui-ci lui est remboursé à la bonne fin du crédit.

Notre bon positionnement tarifaire s’explique à la fois par des coûts de gestion maitrisés, un coût du risque réduit du fait de la bonne connaissance des sociétaires emprunteurs par les réseaux et des exigences de rendement de nos actionnaires raisonnables.

 

  1. Vous avez réalisé avant l’été une importante opération de titrisation. Pourriez-vous nous en donner les principaux éléments ?

Nous avons fait le choix d’une structuration simple et très lisible pour les investisseurs c'est-à-dire une opération qui ne comporte pas de période de rechargement et ou l’ensemble des flux est servi en priorité aux investisseurs.

  1. Cette opération, couronnée de succès, n’est pas la première réalisée par SOCRAM BANQUE, et sans doute pas la dernière. Est-ce que selon vous, les tensions actuelles sur les marchés vont avoir un impact sur les opérations de refinancement que vous aller engager dans un futur proche ?

Cette opération de titrisation destinée aux marchés, sur des actifs français, est la première réalisée par un établissement financier depuis 2007; la demande a été  3 fois plus forte que le montant offert, 74% de l’opération a été souscrite hors de France.

Nous avions réalisé quatre opérations de titrisation sur les marchés entre 2001 et 2005. Nos créances d’un montant unitaire faible favorisent la dilution du risque.

La titrisation est un bon moyen pour Socram Banque d’accéder aux marchés, à ce jour la dégradation récente des spreads semble épargner les titres prioritaires de titrisation.

 

  1. Est-ce que cette opération de titrisation a été « coûteuse » à mettre en place en interne en termes de ressources et de système d’information?

La réalisation de cette opération nous a mobilisés environ cinq mois, les exigences des agences de notation et les aspects juridiques sont beaucoup plus contraignants.

Sur le plan système d’information, nos outils (XLOAN) sont en mesure de gérer depuis 2001 les différents compartiments créés ainsi que les échanges d’information entre le gestionnaire de créances que nous restons et la société de gestion du fonds.